Opquast : Sites web, les bonnes pratiques
Le web est souvent un mauvais exemple en terme de qualité, d’ergonomie ou d’accessibilité. La faute à des techniques variées, des usages approximatifs, ou à une évolution rapide des de ces techniques et de ces usages.
Pourtant avec le peu de recul que nous donne le web, des initiatives permettent de hausser un peu le niveau. Les normes du W3C par exemple permettent par leur respect de garantir que le document sera interprétable par tout les navigateurs. Les référentiels d’accessibilité permettent aux utilisateurs ayant une quelconque déficience de pouvoir surfer avec une contrainte moindre. Le projet Opquast propose un référentiel qualité web mais surtout un outil de suivi de la qualité des services en ligne.

Photo de flickrolf depuis Flickr
Présentation
La première version du référentiel à vu le jour fin juin 2004 avec la mise en ligne d’une liste de bonnes pratiques pour l’amélioration de la qualité des services en ligne.
A l’origine de ce projet, Elie Sloïm directeur de Temesis et Fabrice Bonny co-fondateur du site Openweb
C’est un formidable outil de formation, d’explication, et d’amélioration des sites.
Opquast permet de tester aussi bien la qualité de la conception que la qualité d’utilisation. Les techniques étant de plus en plus variées et complexes, une personne seule ne peut pas maitriser parfaitement toute la chaine de développement d’un site web. La liste des bonnes pratiques permet au développeur comme au décideur de vérifier les points principaux classés par domaine. Chaque bonne pratique est détaillée avec un objectif, des solutions techniques et des moyens de contrôle.
Et le petit plus, Opquast est publié sous licence Créative Commons BY-SA.
Voici les différents sites du projet Opquast :
- Opquast.com : OPen QUAlity STandards
- Checklist.opquast.com : Les bonnes pratiques de la qualité web
- Reporting.opquast.com : L’outil de reporting pour évaluer vos sites et communiquer
- Directory.opquast.com : L’annuaire des sites respectant le référentiel
- Opquast.org : L’atelier Opquast
Nouveautés
Le web évolue et la liste a donc été revue de fond en comble par les membres de l’atelier Opquast, qui ont débattu dans la bonne humeur et l’humour mais avec des avis bien tranchés, et toujours un maximum d’arguments. Un consensus nécessaire à donc fini par émerger, c’est la base de ce référentiel. Une période d’appel à commentaires publics à permis d’affiner un peu plus le travail.
Pour le côté pratique, les bonnes pratiques sont désormais filtrables en fonctions de différents critères :
- Modèle VPTCS : Visibilité, Perception, Technique, Contenus, Services
- Processus : prototypage, design, intégration, CMS et développements, rédaction, référencement
- Services : e-commerce, Espaces publics, Newsletter, Syndication
- Thème : Mobile, Internationalisation, Accessibilité, performance, Sécurité, Utilisabilité
Vous pouvez ainsi en extraire les bonnes pratiques d’utilisabilité spécifiques à la phase de prototypage par exemple.
La navigation par tags et le téléchargement des listes aux formats Excel, Open Office ou PDF sont aussi au programme.
Interview d’Élie Sloïm, directeur du projet
Le web s’est professionnalisé depuis la v1 d’Opquast, on est sur la bonne piste ?
Il me semble qu’effectivement, nous sommes sur la bonne piste, mais nous n’en sommes encore au tout début du chemin. La nécessité des approches qualité et accessibilité ne pose plus vraiment question. En revanche, ce n’est pas parce que les professionnels savent qu’il est bon de travailler sur ces sujets qu’ils sont prêts à le faire, et surtout qu’ils en ont le temps. Le niveau moyen des sites produits actuellement est encore très faible. A côté de quelques sites fort bien développés, nous voyons encore sortir beaucoup de sites qui ne respectent même pas les règles de base de la qualité Web. Il y a donc actuellement un travail énorme de sensibilisation à faire auprès de deux cibles principales. D’une part, il y a le secteur informatique, c’est-à-dire les SSII et les DSI. Faites donc un tour des sites corporate des principales SSII françaises, et vous verrez que le fossé à combler en matière de qualité et d’accessibilité Web est encore énorme. Le deuxième effort est à porter concerne les toutes petites agences Web. Nous avons récemment fait une étude dans le secteur du tourisme (camping, hôtels…) et nous analysons actuellement des sites de communes, et franchement le niveau moyen laisse fortement à désirer.
Malgré tout, le niveau des professionnels a considérablement augmenté. Ce qui semblait être un effort surhumain il y a quelques années est maintenant devenu une pratique courante dans de nombreuses agences.
La qualité web est de plus en plus présente, mais une partie du web y semble hermétique. Qui va gagner et pourquoi ?
La qualité Web est encore un non-sujet. Les sociétés qui travaillent sur le sujet en l’abordant de manière transversale se comptent sur les doigts d’une main. Alors oui, l’ergonomie, l’expérience utilisateur, la performance, la qualité des contenus éditoriaux se développement fortement, mais ce qui se développe, ce n’est pas la qualité Web, ce sont les activités qui permettent d’améliorer la qualité d’un site sur tel ou tel sujet. La nuance peut vous sembler ténue, mais lorsqu’il s’agit d’évangéliser en expliquant qu’il faut aborder ce sujet avec une approche, des référentiels et des outils transversaux et généralistes, je peux vous assurer que la partie n’est pas gagnée du tout. A la question : qui va y gagner, je répondrai sans hésiter tout le monde, que ce soient les utilisateurs, dont les attentes sont mieux prises en compte, les administrateurs de sites, qui savent mieux définir leurs objectifs et les atteindre, et les experts et spécialistes, qui disposent là d’outils leur permettant de mieux se situer dans la globalité des projets Web.
Est tu obligé d’expliquer ton travail à tes clients ou prospects ou tout le monde comprend bien ta démarche ?
J’ai commencé à travaillé sur la qualité Web en octobre 1999, avec la conception du site e-qualite.com. Le modèle VPTCS (Visibilité, Perception, Technique, Contenus, Services) date de 2001, et la première version des bonnes pratiques Opquast date de 2004. En fait, depuis plus de dix ans, je suis amené à répéter à peu près les mêmes choses dans diverses manifestations, conférences ou auprès de mes clients. Je suis donc d’ores et déjà quelqu’un qui radote, et à un peu plus de 40 ans, ça fait tôt ;-)
Pour l’instant, je fais encore découvrir la démarche à beaucoup de monde, et j’y prends toujours autant de plaisir. Il faut donc continuer à expliquer, et il ne faudra s’arrêter que lorsque la démarche et les outils seront connus. A ce moment là, le fait que quelqu’un connaisse la démarche, et décide en connaissance de ne pas l’appliquer ne me posera aucun problème. Mais mon travail est de veiller à ce que les acteurs du web se positionnent sur le sujet. Qu’ils soient pour ou contre n’a pas vraiment d’importance.
L’obligation pour les sites publics d’êtres accessibles a t’il vraiment changé quelque chose ? Y’a t’il une prise de conscience ?
L’exigence de conformité en matière d’accessibilité a mis de nombreux professionnels du web sur le chemin des démarches qualité. Mais ce chemin est long est semé d’embûches. Dans un premier temps certains risquent de viser l’accessibilité absolue, et ils vont déployer des efforts énormes pour l’atteindre. Par la suite, il renonceront à l’accessibilité absolue, et s’intéresseront à définir des objectifs réalistes en matière de qualité Web. Ce jour-là, la prise de conscience sera complète. Alors oui, de manière évidente, l’obligation légale et même déontologique joue un rôle majeur dans la prise de conscience des administrateurs de sites. Mais je vais plus loin : cette obligation d’accessibilité ouvre surtout une voie très prometteuse pour les démarches transversales sur la qualité Web.
La multiplication des standards, labels et référentiels n’est elle pas un frein à leur mise en place ?
La multiplication des standards, labels et référentiels est un effet collatéral de l’industrialisation de nos métiers. Ce qui n’a pas encore été compris, c’est que le premier travail d’un professionnel du Web est de connaître ces différents référentiels et de savoir choisir parmi eux ceux qui sont le plus à même d’améliorer la qualité des résultats finaux. Dans l’industrie automobile ou agro-alimentaire, l’existence d’un grand nombre de contraintes qualité ou administratives n’a jamais été considérée comme un obstacle insurmontable pour développer des produits innovants. Dans le monde du design, qui est me semble t-il un exemple assez parlant, les contraintes peuvent être vécues soit comme des souffrances, soit comme des défis professionnels à relever. La compétence d’un designer ne se mesure pas seulement à sa capacité à produire des choses jolies, mais à produire de la valeur ajoutée et de la beauté tout en prenant en compte des contraintes du client ou du média. Cette observation s’applique bien sûr à d’autres métiers du Web. En réalité, à part la jeunesse du secteur, il n’existe aucune raison pour que l’industrie du Web se développe de manière différente des autres secteurs industriels. Il y a et il y aura des standards, il faudra les connaître et il n’y a pas de raison d’accorder à votre agence Web ce que vous ne toléreriez pas d’une entreprise générale du bâtiment.
Opquast en vidéo
Des présentations du projet et des outils sont disponibles en vidéo :
Mémento

- Sites web, les bonnes pratiques
- Dépliant 10×21 : 14 pages
- Éditeur : Eyrolles
- Édition : 2ème (22 janvier 2009)
- Collection : Mémento
- Langue : Français
- ISBN-13: 978-2212124569
Ce mémento est tiré de la première version des bonnes pratiques, mais est toujours d’actualité.
Suivre l’actualité d’Opquast
Mon avis
Utilisateur de la première version dès ses débuts, j’ai toujours été convaincu par ce projet et pas l’enthousiasme qui rayonne autour, et j’ai été très heureux de contribuer à l’élaboration de cette nouvelle version.
J’ai peut être un regard plus critique, avec l’expérience, je me rend compte que je ne suis pas à 100% d’accord avec toutes les propositions, et dans mes évaluations de sites, je garde mon libre arbitre pour décider ce qui me semble bon. Mais ce référentiel m’amène au minimum à me poser les bonnes questions, et c’est essentiel !
Je suis donc toujours convaincu que c’est un excellent outil et qu’il reste encore beaucoup de travail pour évangéliser les développeurs et les décideurs.
Et vous quels outils avez vous à disposition pour qualifier vos sites web et améliorer leur qualité ? Est-ce que l’on vous donne les moyens d’arriver à un résultat de qualité ? Que vous manque t’il pour y arriver ?
Sur le même thème
- Fournir un webservice et son API
- Livre : HTML5 pour les webdesigners
- Les générateurs de sprites CSS
- Veille techno Web de F à Z (partie 2)
- Optimiser son site web
CV
Profil
@webaaz
Déjà 3 Réponses
28 juin 2010 à 11:10
[...] This post was mentioned on Twitter by ElieSl and Martin Supiot, Martin Supiot. Martin Supiot said: http://www.webaaz.com/2010/06/opquast-les-bonnes-pratiques/ [...]
28 juin 2010 à 16:25
Merci pour cet article très instructif. Opquast regorge de nombreux conseils et bonne pratiques très intéressants à mettre en place. Moi-même très soucieux de ce genre de chose, je suis parfois dérouté par le piètre rendu que peuvent faire certains professionnels qui finissent le travail à la va-vite pour respecter les délais ! Mais à force de prêcher la bonne parole, on peut peut-être arriver un jour à un web mieux conçu ;-)
10 août 2010 à 11:12
J’utilise aussi Opquast quasi quotidiennement et leurs outils est vraiment très bien réalisé. Par contre comme toi, je ne suis pas forcément d’accord avec toutes les propositions. J’utilise Opquast depuis un bon moment (pour ma part découvert en 2005) et ce que j’apprécie le plus, ce sont les discussions avec la communauté qui gravite autour du projet :)
Laisser un commentaire