L’open-data Nantais et moi
L’open-data est en marche ! Ca me plait, je vais m’en servir, alors regardons un peu ce que l’on peut en espérer aujourd’hui, et demain…

Photo de gabi_menashe depuis Flickr
Sur le fond
Youhou ca marche !
L’opendata on en entend parler depuis longtemps, une excellente idée pour les développeurs avides de données qu’il a fallu expliquer aux possesseurs de données. Pourquoi les partager ? Tout un tas de nouveaux services et usages ont vu le jour avec les différentes plateforme de téléchargement d’applications. On a vu apparaitre plein d’applications vraiment innovantes, notamment en matière de transports en commun. Plus de simplicité, d’ergonomie et finalement une meilleure expérience utilisateur. Ces nouveaux usages souvent complémentaires de ceux existants se sont d’abord basés sur des données fournies dans des formats non standardisés, souvent en html, qu’il a fallu parser pour en déduire les données. Cette solution n’est pourtant pas viable, et pose problème dès que le format change ou si le service d’origine est surchargé. Ce n’est pas prévu pour cela !
On observe parallèlement une tendance au partage des données pour favoriser ces applications pleines d’idées, au final cela décharge le détenteur des données et permet plus de service pour le client final, c’est donc naturellement du côté des collectivités qu’il faut surveiller les premiers projets Open-data d’envergure.
Cela manquait encore de concret, mais depuis un an ou deux le sujet se faisait plus récurrent, et l’on commençait à entendre parler d’initiatives à Rennes ou Nantes. Et finalement c’est arrivé bien plus vite que prévu, une annonce lors de l’ouverture de la cantine numérique Nantaise et six mois plus tard, ca y est c’est en ligne !
Sur le fond je n’ai qu’une chose à dire « Youhou ! ». Leur nombre est conséquent pour l’ouverture du service, et je suis d’autant plus content que ces données me touchent directement; Nantes libère les noms des prénoms des bébés Nantais depuis 10 ans, idéal pour moi qui développe www.mybabygame.com, justement basé sur les prénoms des nouveaux-nés !
De plus la ville lance un appel à projet innovant pour favoriser l’usage de ces données. Une excellente initiative pour amorcer la pompe et faire de ce projet une belle réussite. Je n’ai aucune raison de ne pas ma lancer dans l’aventure, c’est dit, je vais exploiter les données de la ville de Nantes !
Sur la forme
Pas de la bonne manière
Je me suis donc rendu sur data.nantes.fr, site agréable, bien pensé, j’ai rapidement trouvé les données dont j’ai besoin. Mais malheureusement pas le format que je souhaitais. Ces données ne sont fournies qu’au format CSV. c’est peut être utile dans certains cas, mais comment automatiser l’utilisation de ces données ? Je vais devoir faire un import tous les ans ? Comment serait je au courant que de nouvelles données sont disponibles. Je vais devoir faire cela pour chaque ville qui libère ces données ? Cela sera rapidement ingérable.
Je veux bien admettre que ces données ne soient pas en temps réel, mais une mise à jour un peu plus régulière, tous les mois par exemple, apporterai un plus pour des applications innovantes. Et un format API, permettrai de valider le format des données, là rien ne m’assure que le format CSV ne va pas évoluer, compliquant mon import, mais surtout je ne peux pas automatiser cet import !
Si les données ne changent que rarement je suis prêt à mettre un cache important pour ne pas surcharger le serveur, mais donnez moi des moyens techniques et du choix, sinon je risque de ne pas aller plus loin que l’effet « découverte ».
Pas les bonnes données
Deuxième surprise, les données ne sont pas exhaustives ! On ne m’en donne qu’une partie. Qu’est ce que je vais pouvoir faire avec seulement une partie ? Les prénoms donnés moins de 5 fois par an ne sont pas comptabilisés… Mon site met en avant les prénoms originaux, en proposant aux futurs parents de faire deviner le prénom du futur bébé à leur entourage. Je pourrais proposer une liste de prénoms originaux, tendance, aux amis et à la famille en manque d’idées, et pourquoi pas aux parents encore indécis… Je n’aurai que les prénoms « communs » à leur proposer.
Il est précisé que cette limite est en fait le respect d’une demande de la CNIL, je respecte ce choix mais ne le comprends pas pour plusieurs raisons :
- Ces données sont dans l’état civil, consultable librement en mairie, pourquoi cela serait il différent sur Internet ?
- J’ai tendance à penser que l’on stigmatise ces prénoms en leur accordant un traitement différent, on ne leur laisse pas la chance d’être mis en avant, on les cache. Si le prénom est préjudiciable à l’enfant, c’est à l’officier d’état civil de le refuser il me semble.
- Ces données sont anonymisées ! Je n’ai accès qu’au prénom et à son occurrence, pas aux prénoms des parents ni aux dates de naissance… Pourquoi alors les tronquer ?
Ma fille, Nell, devrait être dans ces statistiques, mais sont prénom n’y est pas, je suis plutôt déçu. Il n’est pas assez bien ?
Conclusion
Je vais donc utiliser ces données que l’on m’offre, pour tester le service, développer de nouveaux usages, mais j’attends des réponses, et je vais être moteur pour faire évoluer le service, car si il reste en l’état, je ne l’utiliserais probablement pas bien longtemps…
Et pour aller plus loin, j’espère que les données seront par la suite disponibles sur des plateformes communes avec un format standardisé, je ne vais pas appeler les webservices de toutes les communes pour agréger des données, je veux un appel commun filtrable sur les villes qui m’intéressent ! Il y a bien http://www.data.gouv.fr, mais il se limite pour le moment aux données de Sarlat et Coulommiers, cette fois encore au format CSV !
Il faudra probablement encore du temps avant d’en arriver là, alors pensez-y dès maintenant ! C’est un excellent début, bravo, on continue à ce rythme là !
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Déjà Une Réponse
19 janvier 2012 à 14:01
Hééé oui, les territoires font se qu’ils peuvent pour se mettre à l’opendata, mais la route est longue pour pour arriver à des datas parfaitement segmentées, triées, classifiées, nommées et au bon format.
Peut-être que l’avenir d’opendata passe aussi par une collecte collaborative des donénes entre les collectivités, les citoyens (je pense au crowdsourcing) et aux sociétés privées…
Bonne chance pour tes projets en cours.
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